vendredi 19 février 2010

Un peu d'espoir

C'était en fin d'après-midi, à l'aéroport du Caire. Quelques centaines de personnes sont rassemblées dans le hall du Terminal 3, arborant t-shirts et pancartes à la gloire de Mohamed El Baradei, ancien chef de l'Agence internationale à l'énergie atomique, qui arrivait de Vienne. "El Hamdulilah, Baradei arrive", chante la foule. Des intellectuels - dont l'écrivain Alaa El Aswany-, des artistes - dont l'acteur Khaled Abol Naja -, mais aussi de simples citoyens, venus manifester leur soutien à Baradei.
Ce diplomate égyptien, Prix Nobel de la paix 2005, qui a tenu tête à Washington sur la question des armes de destruction massive en Irak, a réussi à redonner espoir à l'opposition laïque égyptienne. Depuis quelques mois, Baradei multiplie les déclarations sur la nécessaire démocratisation du pays, dénonce les échecs du régime d'Hosni Moubarak, et pose des conditions à sa possible participation aux élections présidentielles de 2011 : une réforme constitutionnelle pour permettre à un candidat indépendant de se présenter, l'assainissement des listes électorales, la présence d'observateurs internationaux lors du scrutin.
Baradei n'ignore pas que ces exigences n'ont presque aucune chance d'être satisfaites d'ici l'an prochain. Il a même affirmé il y a quelques semaines n'avoir pas vraiment l'ambition de devenir président... Mais il sait que son action pourrait être efficace à long terme. "J'ai perdu espoir pour ma propre vie, mais je veux que mon fils ait un espoir pour la sienne", disait ainsi l'un de ses supporters à l'aéroport cet après-midi. Les prises de position de Mohamed El Baradei commencent d'ailleurs à irriter pouvoir égyptien, preuve qu'elles ne sont pas vaines : pour tenter de discréditer cet outsider de poids, la presse gouvernementale n'a pas hésité à prétendre qu'il était en fait... suédois.

A voir ici, quelques photos de l'événement, réalisées par Sarah Carr, journaliste au Egypt Daily News, le seul quotidien anglophone indépendant en Egypte.

NB : ce blog a été lâchement abandonné depuis quelques mois. J'ai l'intention de l'alimenter à nouveau très régulièrement (d'autant qu'il s'en passe des choses, en Egypte)... Non non, ce n'est pas une promesse de gascon ;)

5 commentaires:

  1. Ouf, j'avais cru qu'il ne se passait plus rien en Egypte! Toujours un plaisir de lire ton blog et surtout d'y lire de nouvelles publications!

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  2. Cochon qui s'en dédit ! Tu connais le proverbe... Hâte de lire la suite de tes aventures au Caire. Allez on s'y met !

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  3. Il était temps de s'y remettre, le suspens devenait insoutenable...Nous sommes très impatients de retrouver les impressions, l'humour et les photos si touchantes de ces gens rencontrées

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